Capitalismé
D'Adam Smith à Elon Musk, la fin du capitalisme
“Capitalism is the astounding belief that the most wickedest of men will do the most wickedest of things for the greatest good of everyone.” — John Maynard Keynes
Adam Smith publie en 1776 La Richesse des Nations, ouvrage fondateur dans lequel il explique, avec la sobriété d’un homme qui n’a jamais vu une usine textile en Chine, que le marché se régule tout seul grâce à une “main invisible”.
Le capitalisme repose sur quelques principes : la propriété privée des moyens de production, la liberté d’entreprendre, et la conviction que la recherche du profit individuel, agrégée à suffisamment grande échelle, finit par bénéficier à tout le monde — un peu comme si chaque automobiliste cherchant uniquement à avancer le plus vite possible engendrait miraculeusement un trafic fluide.
Les bienfaits, néanmoins, sont réels et documentés. En deux siècles, la pauvreté absolue mondiale est passée de plus de 80% à moins de 10% de la population. L’espérance de vie a doublé. La productivité agricole a permis de nourrir huit milliards d’individus là où la terre en supportait difficilement un. Des maladies qui décimaient des continents entiers ont été éradiquées, non pas par la bonté des cœurs, mais parce qu’il y avait un marché pour les vaccins. C’est la beauté du système : même l’altruisme finit par trouver son business model.
À moins d’être plus à gauche que Jean-Luc Mélenchon, personne ne s’oppose au coiffeur qui est récompensé des profits après avoir honoré ses charges.
Mais que reste-t-il du capitalisme en 2026 ?
Depuis qu’Elon Musk est devenu trillionaire en papier, de nombreuses analyses vont dans le même sens : la main invisible censée bénéficier à tous est devenue une main bien trop visible visant à générer des gains en bourse à court terme sans aucun bénéfice pour la société.
Même Quoth the Raven , pro-Trump et pro-marché, se rapprochait d’Elizabeth Warren à propos de la possibilité d’accumuler 1,000 milliards quand l’accès à la santé n’est pas à la portée de tous :
Dear Senator Warren,
When I watched your recent video on X about Elon Musk becoming the world’s first trillionaire, I found myself in the unusual position of agreeing with you—at least in part. That is not a sentence I write often.
You see…you are correct that something has gone profoundly wrong in an economy that can produce a trillionaire. You are correct that the gap between the financial elite and ordinary Americans has become so vast that most people can barely comprehend it. And you are correct that millions of Americans increasingly feel as though the economy is rigged in favor of a small group of people at the top.
According to The Wall Street Journal, there are now roughly 430,000 American households worth more than $30 million, including approximately 74,000 households worth over $100 million. The growth of these groups has dramatically outpaced overall population growth over the past several decades.
You are correct that the wealth inequality gap is widening quickly:
Aujourd’hui, la recherche du profit individuel n’est plus liée à la production ou à la recherche du profit, mais dans celui de lever des fonds sans aucun objectif de générer des profits tôt ou - au moins - tard.
Des milliards de milliards sont injectés sans qu’aucun modèle économique viable ne soit démontré. SpaceX est devenu en une nuit une des sociétés les plus valorisées au monde basées sur des promesses martiennes de celui qui a menti à propos des capacités d’un véhicule terrestre pendant plus de dix ans, faisant de lui (et ce n’est pas l’ours qui le dit mais un prix Nobel d’économie) un Ponzi humain.
Ce nouveau modèle économique ne se limite pas à SpaceX. OpenAI et l’industrie de l’IA n’a également ni des objectifs de production, ni de profits, mais de levée de fonds pour enrichir ses fondateurs (et couvrir les pertes abyssales) sans que rien ne leur soit demandé en retour.
Des documents audités divulgués par Ed Zitron puis vérifiés par le Financial Times dépeignent une situation financière apocalyptique pour OpenAI, propriétaire de ChatGPT.
La société a dépensé 34 milliards pour des revenus de 12 milliards, auxquels se sont ajoutées des charges exceptionnelles pour une perte totale de 38 milliards.
Mais tout cela n’est pas grave, car vous pourrez bientôt acheter le titre en bourse et peut-être que quelqu’un, quelque part, vous achètera votre action pour la revendre à quelqu’un d’autre.
La main invisible est devenue une patate chaude. Tout ce dont avaient rêvé les pères fondateurs.






Joli! Merci